Axis mundi / film 2010

1min 57sec

Le dispositif simple déroule en boucle une généalogie iconique sur fonds de boite à musique répétitive et de quelques sons de respiration en effet de réel. Ces sons font union en accord avec le propos image, qui obéit au même geste vidéographique : une image s’inscrit puis disparaît en fondu enchaîne avant la suivante jusqu’à la perturbation par une saynète jouée.
En effet, ce sont des photographies, portraits en couple, de petits groupes ou individuels rassemblés par le halo connotatif de cet autrefois et la pose canonique du sérieux de la prise et de la fonction sociale d’une telle image; ensuite induisant à y lire l’histoire d’une famille par les changements de vêtements de plus en plus proches de nous, des photos amateurs de jeunes jouant de la musique, des photos de mariage adoptant d’autres mimiques toujours codées… l’héritage se fait de la succession, grâce à celle qui a pensé cette succession comme nécessaire à son intrusion dans ce monde constitué, intrusion le dérangeant.
La tenue pourrait être de mariage- simple- tailleur blanc à jupe étroite et petit chapeau à courte voilette blanche, mais pas de couple, la femme seule et… un petit jouet noir mécanique, qu’elle attrape – une araignée – pour la gober.
La nostalgie des aïeux- feints ou réels – est perdue, l’incompréhension du geste survit mais c’est un acte, un mouvement, une décision… que glose, en post-face, une définition de la vie empruntée à Xavier Bichat, biologiste et médecin auquel on reconnaît d’avoir transformé l’anatomie et la physiologie cellulaire: « La vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort ». Nous pourrions y adjoindre comme mode d’emploi de ce travail : « Il faut voir avant de réfléchir(…) nos idées sont vagues sur tout objet extérieur si elles ne sont pas pour nous autant d’images ».
par Simone Dompeyre / Festival Traverse Vidéo 2013